Une femme de 31 ans a été arrêtée à Feuges, le 10 juillet 2025, alors qu’elle roulait à 160 km/h. Mais les policiers aubois ont surtout découvert cartons, pot est cartouches de tabac dans l’habitacle d’une valeur marchande de plus de 40 000 euros.
Cette nuit-là, elle revenait du Luxembourg et rentrait chez elle, à Montluçon (Allier). Un trajet qu’elle avait pris l’habitude de faire une à deux fois par mois depuis près d’un an. Au départ, cette mère célibataire de cinq enfants âgés de 6 à 14 ans, dont le RSA et les allocations familiales sont les seules sources de revenus, achetait par trois cartouches de cigarettes pour sa consommation personnelle.
Mais l’opportunité « d’arrondir (ses) fins de mois », selon ses dires, s’est vite proposée à elle : les allers-retours se sont multipliés et la marchandise transportée a dépassé les limites du raisonnable.. et du légal.
Pas de casier judiciaire
Lors de l’audience de comparution immédiate, vendredi 29 août, le président a pris le temps d’expliquer à la prévenue la notion de contrebande en rappelant l’interdiction d’alimenter une économie souterraine et le préjudice moral et économique que cela engendrerait pour les buralistes français.
En effet, si la prévenue avait acheté, le jour de son arrestation, environ 10 000 euros de marchandises au Luxembourg, « pour (elle) », la valeur marchande française revient, quant à elle, à plus de 40 000 euros. Un manque à gagner considérable qui a poussé les fédérations de buralistes de l’Aube et de l’Allier à se constituer partie civile.
L’avocate de la défense a souligné « l’honnêteté » de sa cliente qui n’a nié aucune des accusations et a rendu son téléphone aux forces de l’ordre, ce qui leur a permis de tracer les vingt-trois allers-retours entre la France et le Luxembourg ces douze derniers mois. Elle a également défendu la non-recevabilité des syndicats des buralistes donc les déclarations présentaient des irrégularités.
Relaxe partielle
Le tribunal a tranché pour une relaxe partielle de la prévenue qui écope de 18 mois d’emprisonnement avec sursis simple et de 3 000 euros d’amende. Le procès est renvoyé en avril prochain en attendant de vérifier la recevabilité des fédérations des buralistes.