Le mardi 30 septembre, le différend entre deux habitants du quartier s’est terminé par un violent coup de couteau à la cuisse de l’un d’eux, lui valant 45 jours d’ITT. Le prévenu a été condamné à 11 mois de prison ferme, peine aménagée à domicile.
Au détour d’une partie de pétanque, l’altercation a bien failli virer au drame. Le mardi 30 septembre dernier, dans le parc ce Val-de-Seine à Bar-sur-Seine Khaled S. a infligé un très sérieux coup de couteau à la cuisse d’un de ses voisins de quartier.
Un « geste de lacération », selon son avocate, Me Sophie BONAMOUR, tout proche de sectionner complètement le muscle et qui a valu 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT) à la victime, dont la plaie s’est depuis infectée.
Couteau suisse ou feuille de boucher ?
S’il ne reconnaît pas le motif avancé de la brouille – autour de pots de tabac -, le prévenu, en situation irrégulière depuis 2016 et son arrivée en France, a expliqué dernièrement devant le Tribunal correctionnel de Troyes avoir répondu à une attaque. « Je savais qu’il avait déjà frappé quelqu’un d’autre du quartier avec des boules de pétanque. Il a essayé sur moi, j’ai dû éviter son coup ». Et, en effet, son opposant a été condamné par le passé pour des faits de violence sur autrui.
Durant l’audience, les versions se sont opposées, notamment sur l’a nature de la lame utilisée. Khaled S., et son conseil, affirment qu’il a utilisé son couteau suisse. Impossible pour la substitut du procureur Marion Ars et l’avocat de la victime, Me David SCRIBE, au vu de l’ampleur de la blessure, qui penchent clairement pour la feuille de boucher, retrouvée plus tard au domicile de l’agresseur. « Pour faire une coupure aussi profonde, à travers le pantalon, c’est un vrai coup qui a été adressé. Actuellement, on ne sait pas s’il va pouvoir remarcher ou recourir normalement », appuyait le second.
« Au lieu d’aider la victime, il est rentré chez lui. Il y a une absence de collaboration avec les enquêteurs », renchérissait Marion Ars, en faisant allusion à son refus initial de sortir de chez lui au moment de l’interpellation. « Je ne vais pas vous plaider la légitime défense, au vu de la (dis)proportionnalité entre l’attaque et la réaction. Néanmoins, son geste n’est pas gratuit. Et quand je lui ai montré la plaie en photo, il en a été horrifié, il ne pensait avoir frappé aussi fort », a plaidé Me BONAMOUR.
Khaled S. a été condamné finalement à une peine de huit mois de prison ferme, plus trois autres relevant de la révocation d’un précédent sursis. Il purgera sa peine à domicile, avec un bracelet électronique, et ne devra plus détenir ou porter une arme pendant les cinq prochaines années.

